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Grand meeting d’Édouard Philippe à l’Adidas Arena !
5 juillet 2026
« Voilà le moment où nous allons engager cette campagne pour la France !
Dire qui on est, ce qu'on veut faire, comment et avec qui. Dire où l'on veut emmener la France. Voilà ce que c'est qu'une campagne présidentielle. Le reste est accessoire.
Ici, avec vous tous, aujourd'hui, nous lançons cette campagne présidentielle ! »
Transcription du discours
Voilà donc le moment où nous allons engager cette campagne pour la France ! Dire qui on est, ce qu'on veut faire, comment et avec qui.
Dire où l'on veut emmener la France.
Voilà ce que c'est qu'une campagne présidentielle.
Le reste est accessoire.
Ici, avec vous tous, aujourd'hui, nous lançons cette campagne présidentielle !
Et elle ne commence pas à n'importe quel moment de notre histoire. Elle commence dans un pays inquiet, en colère, fatigué de voir les problèmes s'accumuler sans que les solutions ne suivent. Un pays qui doute de lui bien souvent, de son école, de son État, de ses élites, de ses choix passés et parfois même de sa capacité à faire des choix pour demain.
Mais cette campagne commence aussi dans un pays qui n'a pas renoncé. Un pays qui a tout pour réussir ! Un pays qui construit des avions exceptionnels, des trains à grande vitesse, des vins uniques, des objets de luxe recherchés partout dans le monde. Un pays qui dispose encore d'une industrie du cinéma qui nous fait rêver. Un pays plein de pépites humaines, culturelles, patrimoniales, productives, industrielles.
Un pays qui sait très bien que tout n'est pas perdu, pour peu qu'on lui dise la vérité, qu'on lui montre la route, et qu'on tienne enfin ce qu'on promet.
Ici, maintenant, nous lançons l'effort collectif qui va nous permettre de reprendre en main le destin de notre pays ! Nous allons prendre le pouvoir ! Démocratiquement ça va sans dire et ça va mieux en le disant. Pacifiquement, ça va sans dire et ça va mieux en le disant. Résolument.
Pour trancher !
Pour faire !
Pour réparer quand il faut !
Pour avancer quand c'est nécessaire !
Pour que la France cesse de subir et recommence à choisir.
Nous allons le faire ensemble. Avec vous tous qui êtes ici aujourd'hui. Avec tous les visages amis sur lesquels, depuis si longtemps, je sais pouvoir compter chaque fois que les enjeux se corsent !
Avec ceux qui nous ont rejoints et que je salue amicalement et à qui je dis, vous avez fait le bon choix !
Avec nos amis d'outre-mer que je vous demande d'applaudir ! Avec une mention particulière pour les Polynésiens qui sont venus jusqu'ici aujourd'hui ! Avec les très nombreux maires qui sont parmi nous, que je félicite et que je salue en tant que collègue pour leur réélection ! Avec vous tous, vous venez des quatre coins de France, d'où que vous veniez, c'est un bonheur de vous voir ici et avec un petit mot particulier pour les Normands, vous comprendrez !
Et ce qui va se jouer dans cette campagne, ce n'est pas seulement le choix d'un Président. C'est le choix d'un cap. C'est le choix d'une foi en la France. D'une confiance dans les Français.
Au-delà de vous, je voulais m'adresser à tous les Français : les méthodes d'évitement qui ont tant de fois contourné les problèmes plutôt que de s'y attaquer ne marcheront pas plus demain qu'elles n'ont fonctionné hier. La colère ne suffit pas pour gouverner un pays.
Je crois pour ma part à une autre voie : la vérité, la lucidité, le travail, l'effort, la liberté, la confiance. Une voie exigeante. Une voie française. Une voie qui ne promet pas tout, mais s'engage à faire ce qui compte.
Cette campagne se lance, alors je vais commencer par le moins intéressant. Je vais vous parler de moi. Je ne vais pas exhiber ma vie privée, ni ma vie familiale. Vous savez que ce n'est pas le genre de la maison. Et je pense qu'un responsable politique est ce qu'il fait, pas ce qu'il prétend être sur les réseaux sociaux.
Mais je sollicite la confiance des Français. Ils ont le droit de savoir qui je suis, ce qui me constitue.
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Je crois que c'est Saint Exupéry qui disait "on est de son enfance, comme on est d'un pays". Moi je suis Normand. Né à Rouen en 1970. Mes parents étaient professeurs de français. Je suis un fils de la classe moyenne.
Mon arrière-grand-père, Louis-Philippe, était docker, havrais, CGT, communiste et fière de l'être. Et mon grand-père, son fils, Charles-Philippe a commencé sa vie professionnelle, en travaillant sur les docks jusqu'à ce que la tuberculose lui interdise d'exercer ce métier physique. Ne pouvant plus être docker, il fut chauffeur, commis, coursier puis classeur de coton. Mon père, Patrick, a été le premier Philippe à décrocher le bac. Dans ma famille paternelle, on a connu la grandeur du Havre, sa destruction complète, sa reconstruction lente, le travail sur le port, la promotion sociale.
Ma mère, elle est dans la salle, je l'embrasse tendrement.
Ma mère vient d'une famille du Nord. Des Flandres françaises. De Lille. De ce Nord que j'aime tant, et où on aime le travail bien fait et la bière bien fraîche. De ce Nord, où on fait les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
Mes deux parents étaient professeurs de français.
On n'était pas riches, mais on n'était pas pauvres. J'ai grandi dans un HLM des hauts de Rouen, j'ai appris à l'école publique et au Conservatoire, j'ai joué au club de foot de la Grand Mare, où a été prise la première photo de moi qui est parue dans la presse locale à 9 ans. Cette photo n'a aucun intérêt, personne ne la trouvera jamais. Je n'ai manqué enfant de rien ; c'est une chance immense.
Mieux encore, j'ai grandi dans une famille dans laquelle je savais que j'étais aimé. Absolument et quoi qu'il arrive. Ça n'était pas toujours exubérant. On est plutôt pudique chez les Philippe. Mais c'est la plus belle chose que des parents puissent transmettre à leurs enfants : l'assurance d'être aimé et accompagné.
Comme pour des millions d'enfants de la classe moyenne, la seule manière de progresser, c'était de travailler à l'école. Je voulais progresser, donc j'ai travaillé et j'ai travaillé dur.
Mais j'ai eu de la chance. D'abord parce qu'on aimait les livres à la maison. Les livres ont été ma première patrie. Les romans et les livres d'histoire, les bandes dessinées, tous les livres. Tous les livres étaient bons à lire. Et il ne fallait pas choisir, il fallait les lire le plus possible. Et grandir avec les livres.
Ensuite, j'ai eu de la chance parce que j'ai eu d'excellents professeurs. Mes parents d'abord. Puis, des professeurs qui ont cru en moi. Qui m'ont poussé. Qui m'ont parfois bousculé. Qui ne m'ont jamais lâché.
Si je me trouve devant vous aujourd'hui, c'est grâce à eux. C'est grâce à Monsieur Pinguet en CM2, qui portait quoi qu'il arrive à la fin des années 70 un costume 3 pièces qui fait sévère, exigeant, et en même temps incroyablement humain ; grâce à Monsieur Prié au collège professeur d'histoire extraordinaire qui lui aussi m'a appris qu'on pouvait être sérieux sans se prendre au sérieux ; grâce à MM. Cabanel et Lardic, deux professeurs d'histoire et de philosophie exceptionnels que j'ai eus en terminale. Les premiers de cordée, c'étaient eux.
Ces professeurs, de lettres, de musique, de sport, de maths, de sciences et d'histoire, grâce à qui le fils de deux profs de la banlieue rouennaise a réussi ses examens et ses concours, pas toujours de la première fois, parfois tout juste, mais grâce à qui je suis devenu fonctionnaire, magistrat au Conseil d'Etat, puis avocat, puis maire, puis Premier ministre... Premier ministre de droite, en plus. Mais ça, ils n'y sont pour rien.
En trois générations, ma famille est passée des docks du Havre au perron de Matignon. C'est pour moi un immense honneur. Pour moi. C'est pour mes parents un immense honneur. C'est pour mes professeurs un immense honneur.
Ce n'est pas le récit d'une réussite personnelle que je livre ici c'est celui d'une réussite collective. Celle de l'école publique à qui je dois tout.
Dans la France des années 80, elle marchait encore. Tout n'était pas rose à l'époque, si j'ose dire. La crise était là, l'inflation était forte, la désindustrialisation commençait à se faire sentir. Mais mes parents avaient une conviction : pour autant qu'ils travaillent dur à l'école et qu'ils marchent droit, leurs enfants auraient un meilleur avenir.
Cette conviction, cette confiance, cet attachement des Français à leur école, elle a été au cœur de la République pendant un siècle. De 1880 à 1980. Un siècle de destins républicains. De savants, d'ingénieurs issus du monde paysan. D'écrivains et d'entrepreneurs, fils de femmes de ménage ou de veuves de guerre.
De présidents, de généraux, d'académiciens, d'industriels venus des quatre coins du pays, et parfois des quatre coins du monde. C'est la France de Péguy, de Camus, de Zola, de Félix Eboué, de Marie Curie ;
La France de Suzanne Lacore, fille d'un charpentier corrézien, institutrice, et une des trois premières femmes à être ministre dans le gouvernement de Léon Blum ; celle de Lucie Samuel, future Lucie Aubrac, fille d'un jardinier, gérant de bistrot puis blanchisseur, agrégée d'histoire, résistante, femme de lettres et grande officière de la Légion d'honneur. C'est la France de Claudie Haigneré, qui a commencé sa scolarité au Creusot puis à l'université de Dijon, avant de devenir une scientifique brillante, et la première femme française à se rendre dans l'espace.
Cette confiance qui a fait la force de la République, elle est aujourd'hui érodée, corrodée, affadie et remise en cause. Et c'est à nous qu'il appartient de la reconstruire. Avec détermination. Et sans trembler. C'est la condition pour la République, de sa survie, et de son développement.
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La deuxième chose qui me constitue, c'est que je suis père de trois enfants. Anatole, Léonard et Sarah. 23, 21 et presque 16 ans. Je les aime, et je ne prétends absolument pas être objectif quand je parle d'eux.
Ils doivent sourire en m'entendant : je suis un père trop peu présent et assez loin d'être parfait. Je dis qu'ils doivent sourire en m'entendant, mais ils ne sont pas là. Ils me souhaitent de réussir je crois, et je crois que j'aurais eu du mal à faire ce que j'ai pu faire sans leur soutien et celui de leur mère, Edith, qui est quelque part dans cette salle, mais nous avons décidé de ne jamais les exposer et ils se tiennent éloignés de l'arène politique. Vous ne me verrez pas poser dans Paris-Match avec eux. Ce sont de jeunes adultes maintenant, ils ont leur vie, et je respecte leur souci de discrétion, comme j'espère que tout le monde, dans cette campagne, le respectera.
Trois enfants donc.
Charles Péguy disait que les pères de famille étaient les derniers aventuriers du monde moderne. Parce que les pères, dès qu'ils sont pères, cessent de se faire de la bile pour eux et commencent à s'en faire pour leurs enfants.
Il aurait dû dire, le bon Charles Péguy, que les plus grands héros de l'histoire du monde étaient les mères de famille. Parce que quand je vois celles qui, autour de moi, ma mère, ma femme, ma sœur, mes amies, conjuguent activité professionnelle, vie personnelle, obligations familiales… je suis admiratif.
Et pas seulement admiratif. Reconnaissant.
Et pas seulement reconnaissant. Convaincu que notre société se portera mieux lorsque les femmes auront toujours plus les moyens de leur liberté, toujours plus d'autorité dans les décisions collectives, toujours plus d'opportunités de briller dans le monde scientifique, industriel, entrepreneurial, politique ! Je ne suis pas né avec cette conviction, et elle m'est plutôt venue sur le tard. Mais j'ai la foi du converti. Sur ce sujet, je ne lâcherai rien dans ce combat que je vous propose de mener tous ensemble !
Père ou mère, l'inquiétude, l'intranquillité, c'est la marque des parents. Études, vie sentimentale, risques liés aux mauvaises rencontres, aux addictions, difficultés d'orientation, difficultés d'insertion professionnelle : être parent, c'est être inquiet.
Je ne suis pas un inquiet de nature. Et j'ai confiance en mes enfants. Mais je sais ce que nous pensons tous quand nous nous projetons et que nous essayons de deviner quel sera le devenir de nos enfants.
A 5 ans, 10 ans, au-delà. Quel métier vont-ils exercer avec l'IA qui arrive, qui est là et qui s'immisce, c'est un fait dans tous les domaines de la production, de la réflexion, des échanges ? C'est merveilleux la technologie mais qu'est-ce que cette révolution va impliquer pour nos enfants ? Dans quel état vont-ils trouver la planète sur laquelle ils vivent ? Comment vivront-ils si l'été 2026 est effectivement le plus frais des 50 prochaines années ? Dans quel environnement vont-ils élever leurs propres enfants ? Quel premier logement vont-ils louer ou acheter ? Ce n'est pas bien parti. Auront-ils l'envie, les moyens d'accueillir eux-mêmes des enfants ? Vont-ils vivre en paix et en sécurité ?
Et comme des millions de parents, je m'interroge sur la manière dont notre société traite ses enfants. Dont elle les protège, les prépare, dont elle leur accorde ou non, la priorité.
Et ce que je vois me consterne souvent et me révolte d'autant plus. Parce que chaque fois qu'il faut choisir, nous sacrifions l'avenir ! A chaque fois.
La dette est abyssale ? Pas si grave, nous disent Marine Le Pen, Olivier Faure ou Jean-Luc Mélenchon. On la financera très bien ! Elle ne coûte pas si cher ! Nos enfants la rembourseront ! D'ailleurs faut-il vraiment la rembourser ?
On ne veut pas réformer pour réduire la dépense publique ? Alors, on coupe dans les dépenses d'avenir : apprentissage, insertion des jeunes, recherche, innovation, environnement.
Notre école décline ? Plus personne ne le nie, mais personne n'avance si ce n'est pour proposer des gadgets.
Et personne ne voit que d'autres pays confrontés à des défis au moins aussi considérables pour leur propre système éducatif – l'Allemagne, la Finlande, la Corée du Sud ou Singapour – ont su inverser la tendance.
La vérité, c'est que nous ne prenons pas des décisions difficiles, et que nous feignons de croire que nos enfants n'en paieront pas le prix.
Et que dire les amis, que dire du pire ?
Des crimes sexuels, des violences au sein des familles, du périscolaire parisien, de l'aide sociale à l'enfance qui ne parvient pas à faire face, de l'exploitation sexuelle des mineurs qui se développe à toute vitesse.
Nos défaillances collectives sont terribles.
Lorsque l'école dysfonctionne, lorsque la justice n'est pas à la hauteur, lorsque les dispositifs qui accompagnent la jeunesse sont les premiers à faire l'objet des coupes budgétaires, lorsque nous renonçons à adapter nos villes et nos équipements à la transformation climatique qui vient, lorsque que nous préférons conserver pour nous plutôt que construire pour eux, nous ne sommes pas à la hauteur de nos responsabilités !
Aucun parent ne dirait pour ses enfants : « ne faisons rien, ca va être pire, mais tant pis pour eux » …
Et pourtant c'est ce que, collectivement, nous acceptons trop souvent.
La vérité, c'est qu'on ne fait pas assez pour nos enfants :
On ne fait pas assez pour les former et les préparer au monde qui vient ;
On ne fait pas assez pour leur indépendance financière et leurs capacités à investir ; on ne fait pas assez pour leur protection sociale qui, avec une démographie en berne, sera différente de la nôtre ;
On ne fait pas assez pour les préparer au changement climatique, ou au développement de l'IA. Et on ne fait certainement pas assez pour leur défense dans un monde de plus en plus dangereux.
Ne comptez pas sur moi pour désigner des coupables. C'est la solution de ceux qui n'ont pas de solutions. Je préfère chercher des solutions, que de chercher des coupables.
Par ailleurs, je ne suis pas le candidat de la lutte des classes. Ça n'a échappé à personne. Mais je ne serai pas non plus celui de la lutte des classes d'âge. Parce qu'une nation divisée entre ses classes d'âge, est une nation en danger.
Je veux surtout que l'élection de 2027 soit l'occasion de trancher la question la plus importante. La question que nous aurions dû poser en 2022 : Notre projet est-il de préserver la situation actuelle en la faisant financer par nos enfants, ou sommes-nous prêts, déterminés, à les aider à construire leur avenir ? Un avenir dans lequel ils pourront vivre mieux que nous. C'est la seule question qui compte.
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas la France d'hier. Je l'ai aimée la France d'hier. Elle est merveilleuse, et elle n'était pas que glorieuse. Et je n'ai pas envie de la voir remplacée par la prétendue « Nouvelle France » de ceux qui banalisent les délires ethnico-communautaires, qui attisent les colères, qui dressent les Français les uns contre les autres.
Mon obsession, c'est la France de nos enfants. Leurs études, leur réussite, les conséquences de l'IA sur leurs emplois, les conséquences du changement climatique sur leurs villes, je l'ai dit je vais le redire parce que c'est ça l'enjeu de l'élection. Leur liberté d'avoir des enfants, leur épanouissement et oui, mes amis, leur bonheur ! Le bonheur de nos enfants doit rester notre ambition. Leur bonheur passe bien avant notre confort !
C'est pourquoi l'intérêt de nos enfants devra être la boussole du nouveau quinquennat. Chaque grande décision, chaque choix que fera mon Gouvernement, sera passé à ce tamis : est-ce que nous préparons l'avenir de cette jeunesse ou est-ce que nous l'abîmons ? Est-ce que nous les protégeons ou, est-ce que nous détournons, une nouvelle fois, le regard comme lorsque nous avons retardé la réforme des retraites pour finir en paix le quinquennat actuel ? Est-ce que nous leur ouvrons une liberté ou est-ce que nous leur transmettons une dette, une peur, une dépendance ?
Et je voudrais que cette fois ci, on ne laisse personne prendre cette présidentielle en otage. Personne la réduire à une guerre d'identités, on pourrait dire de générations. Personne la réduire à une comparaison de posts sur Instagram ou TikTok. Je voudrais que pour une fois, on parle de la France de nos enfants.
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Oui, j'ai trois enfants et je refuse qu'au second tour de l'élection présidentielle qui vient, ils aient seulement le choix entre deux colères, entre deux mensonges, entre deux impasses.
Le Rassemblement National va vous dire, comme il le fait a chaque fois dans toutes les campagnes, que tout est de la faute des étrangers, de l'Europe, des riches, des fainéants, des villes qui méprisent la campagne, des élites qui ne comprennent plus le peuple…
On ne siffle pas. Nous sommes dans le débat démocratique. Je ne suis pas d'accord avec eux - vous non plus d'ailleurs. Et c'est très bien. Continuez. Mais on croit au débat démocratique respectueux. La démocratie est forte, la République est puissante. Et si on n'y croit pas, en jetant l'anathème sur les autres, alors on ne s'en sortira pas. On ne siffle pas, mais on combat !
Le RN de M. Bardella est, parait-il, converti au libéralisme, à l'Europe, au capitalisme et peut-être même, on ne le sait pas encore très bien, à la réforme des retraites.
Le RN de Mme Le Pen, c'est l'inverse.
Le RN c'est un « en même temps » qui ne s'assume pas.
Social dans le nord, libéral dans le sud. Porte-voix revendiqué des classes populaires dans les campagnes mais gourmand de petits fours à Monte Carlo. Pour la dépense publique et contre les impôts. Pour l'Euro mais contre l'Europe. Pour la souveraineté mais tellement bienveillant avec Poutine. Pour l'Ukraine quand il faut, mais jamais présent là-bas et jamais présent quand il faut aider Kyev dans son combat contre l'agression brutale de la Russie.
La France Insoumise de son côté veut conquérir le pouvoir en jetant du sel sur nos plaies, en faisant le choix de la division communautaire, en flirtant souvent avec l'antisémitisme le plus rance, en nourrissant à dessein la haine du flic, la haine du riche.
Et je sais bien que Jean-Luc Mélenchon, après avoir asséché les sociaux-démocrates, qui n'auraient jamais dû s'allier avec lui, va maintenant se poser en rassembleur. Vous verrez qu'il se présentera bientôt comme l'héritier de François Mitterrand… Il a déjà commencé. J'espère que le pays n'oubliera jamais qui il est vraiment : celui qui veut, partout, la conflictualisation pour attiser la colère ; celui qui hurle « la République c'est moi ». La République on la sert, on ne se l'approprie pas. Comment oser prétendre que les pays européens, qui ont fait eux tant d'efforts pour mettre leurs comptes en ordre, vont accepter d'annuler notre dette à nous !
LFI, je vous le dis mes amis, c'est péril sur la démocratie, et dans deux ans le FMI !
Je ne ferai pas campagne en célébrant une France d'hier fantasmée ou une nouvelle France endoctrinée. Je parlerai aux Français d'aujourd'hui. Qui veulent construire une France fidèle à elle-même.
La vérité, c'est que nous connaissons les problèmes et la vérité c'est que nous connaissons souvent les solutions. Nous avons le choix. Et la possibilité d'agir.
Aujourd'hui, j'ai cette possibilité. Et votre présence, votre confiance, vos encouragements me donnent une force immense. Merci d'être là. Merci de refuser la facilité. De combattre la haine et le cynisme.
Merci de chercher à rassembler et non à diviser. Merci d'aimer la France, comme elle le mérite : avec ambition, avec respect, et avec exigence.
Merci de voir loin et merci de vous engager.
Et comme vous, exactement comme vous, je suis là pour me battre. Me battre pour ce qu'une Nation possède de plus précieux : ses enfants.
Me battre avec leurs parents, pour leur offrir un pays sûr, maître de son destin, respecté et fidèle à ses valeurs. Une nation libre et rassemblée, servie par un Etat fort. Un pays envié et fier à nouveau.
Un pays fidèle à son engagement européen, aux libertés en Europe. Aux côtés de l'Ukraine. Sans compromissions, sans ambiguïtés.
Une France d'ingénieurs et d'industriels. Au masculin, comme au féminin.
Oui, au féminin, car dans cette France, je veux que ma fille ait au moins le même salaire, la même carrière, les mêmes responsabilités que ses frères. Et ce qui vaut pour ma fille, vaut pour toutes les petites filles de France, quelles que soient leurs origines. Je crois à l'égalité du mérite.
Nous devons nous battre pour revenir à ce mérite.
Je vais me battre, je vais me battre encore et encore. Avec ma raison, mon cœur et mes tripes !
Je sais très bien l'état du pays. Je sais que rien de grand ne se construit sur le déni, que nous ne relèverons pas la France en prétendant que tout va bien. Mais enfin, nous ne la relèverons pas non plus en répétant tous les matins qu'elle est condamnée.
Nous vaincrons en faisant une campagne heureuse, joyeuse, optimiste. Une campagne qui ne parle ni de la peur, ni à la colère, qui sont toujours mauvaises conseillères.
Une campagne qui conjuguera l'enthousiasme des soldats de Valmy et le calme des vieilles troupes ! Une campagne qui parle à ce que les Français ont de meilleur : leur capacité à s'unir, à rebondir et à surprendre.
Ce combat dépasse les intérêts d'un camp ou d'un parti ; il dépasse l'échéance d'une élection, il dépasse l'ambition d'un homme. C'est le combat d'une génération pour les suivantes. Le combat de la France d'aujourd'hui pour la France de demain. Le combat d'un père. Le combat d'un citoyen. Le combat d'une vie. C'est notre combat !
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Oui je suis père. Et maire.
Et c'est la troisième chose qui me constitue. Je suis maire du Havre et j'ai été Premier ministre.
Presque tout ce que j'ai appris en politique, je l'ai appris au Havre.
Dans une mairie, il n'y a pas beaucoup de punchlines : on écoute, on réfléchit, on se retrousse les manches. Pendant 9 ans, avant de devenir maire puis depuis 16 ans que je suis maire, j'ai écouté, j'ai bâti, j'ai dessiné l'avenir, j'ai fixé des priorités, j'ai investi, j'ai conduit des travaux, j'ai servi les Havraises et les Havrais. Du mieux que j'ai pu.
Pendant 16 ans, je me suis attaqué comme tous les maires à des problèmes incroyablement concrets : la sécurité, la lutte contre les incivilités, la fermeture ou la construction de nouvelles écoles, la rénovation urbaine, la construction de trois lignes de tramway, l'adaptation de la ville au changement climatique et au vieillissement démographique, la promotion du livre et de la lecture… mille choses encore.
Et j'ai comme tous les maires, mouillé la chemise : pour convaincre des usines de s'installer, c'est au Havre que fonctionne la plus grande usine française d'éoliennes offshore ; pour développer le port du Havre qui est une chance pour la France ; pour universitariser l'hôpital du Havre et mesdames et messieurs derrière ce mot compliqué il y a un enjeu absolument essentiel de modernisation des hôpitaux qui ne sont pas des CHU. Un enjeu absolument considérable d'attractivité pour les internes, pour les médecins, pour les territoires. Et ce combat, nous l'avons mené au Havre, et nous sommes en train de le gagner ! Pour investir massivement dans l'enseignement supérieur et dans la solidarité avec les plus âgés.
Et ma ville s'est transformée. Elle s'est embellie. Elle attire chaque année plus de touristes. Je sais très bien que tout n'y est pas parfait. Il y a encore beaucoup à faire, je le sais. Mais je sais qu'il y fait bon vivre et que les Havraises et les Havrais sont fiers de leur ville et confiants dans son avenir.
Comme tous les maires de France, j'ai passé des milliers d'heures au milieu de mes électeurs. Je les connais, et ils me connaissent. Ils ne m'épargnent pas, mais ils me font confiance. Je leur dit ce que je crois et ils ne m'ont jamais manqué.
Seuls ceux qui ont été élus et réélus, connaissent la force de ce lien entre un maire et ses administrés.
Et je ne connais pas meilleure école politique qu'un hôtel de ville. Voire peut-être de meilleure école tout court. Ce n'est pas l'école des plateaux télé, des états-majors, ou des réseaux sociaux. L'école de la vie quotidienne.
J'ai été Premier ministre aussi. Pendant trois ans. Comme tous les premiers ministres pendant trois ans. Comme tous les Premiers ministres, j'ai connu des crises, pris des décisions difficiles, engagé des réformes, affronté des oppositions. Comme tous les Premiers ministres, je n'ai pas tout bien fait. Mais j'ai réussi des choses dont je suis fier.
Et j'ai appris. Appris l'Etat. Ses forces et ses limites. Sa capacité exceptionnelle à tenir pendant les crises et sa lourdeur conservatrice. Le formidable engagement de l'immense majorité de l'immense majorité de celles et ceux qui le servent et qui servent leurs concitoyens.
De ces policiers que j'ai vu déterminés à rétablir l'ordre, de ses soldats prêts à donner leur vie pour la mission, de ces pompiers courageux sur les tours de Notre Dame comme dans toutes les rues et dans toutes les forêts de France.
J'ai vu, comme vous tous, le personnel médical, du médecin à l'aide-soignant, concentré, méticuleux, acharné et humain à sauver des enfants et des personnes âgées de la maladie. J'ai vu des professeurs à Saint Laurent du Maroni, en Guyane, préparer leurs élèves dont certains n'ont connu que la forêt et le fleuve, à des études parisiennes avec une foi et une envie qui permettent de franchir tous les océans.
J'ai vu le meilleur et le pire.
Et j'ai été confronté à des choix impossibles. Des choix où toutes les options sont mauvaises et où il faut choisir la moins mauvaise. Pendant le Covid, j'ai pris des décisions vertigineuses en sachant qu'elles auraient des conséquences que je savais terribles. Fermer les EHPAD pour protéger les résidents mais en les coupant de leur lien familial. Limiter le nombre de personnes pouvant assister à des obsèques. Fermer les écoles pour confiner des enfants chez eux.
Pendant toute cette crise, j'ai dit ce que je savais. Et j'ai dit ce que je ne savais pas. Dire « je ne sais pas ». Ce n'est pas pendant mes études que j'ai appris ça. C'est au Havre. Avec mes concitoyens. Et avec ma femme. Parce qu'elle déteste ceux qui font semblant de savoir.
Et oui, en effet, il lui arrive d'être assez critique sur le monde politique…
Les crises, c'est dur, mais ça fait partie du mandat. Ça forme et ça forge.
Je me suis parfois trompé. Je n'ai aucun mal à le reconnaître. Je laisse d'ailleurs l'arrogance à ceux qui pensent avoir déjà remporté l'élection présidentielle. Et qui prétendent tout régler à coups de solutions simplistes.
Mais, à l'issue de ces trois ans, je crois que j'ai fait en sorte que l'Etat soit conduit à bon port. Avec un déficit en baisse et nettement en baisse, une dette stabilisée et légèrement en baisse, un chômage en baisse, un nombre d'apprentis en hausse et nettement en hausse. Avec des créations d'entreprises en hausse. Tout cela ne me donne aucun droit. Aucun privilège. Sauf, celui de l'expérience.
Et pendant toutes ces années à faire, à proposer, à gérer, j'ai appris.
J'ai appris à tenir un cap dans la durée. A faire confiance à mes équipes. J'ai appris à déléguer et à respecter les compétences de chacun. On ne gouverne pas seul, on ne dirige pas seul, on ne réussit pas seul.
J'ai appris que les pouvoirs publics doivent se concentrer sur ce qu'ils peuvent faire, et laisser les Français libres d'inventer la vie qui va avec.
J'ai appris à définir des priorités. Parce qu'en 6 ans dans une ville ou en 5 ans à la tête de l'Etat, on ne peut pas tout faire.
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C'est mon ambition pour cette élection présidentielle. Je dirai aux Français ce que je crois être bon pour le pays. Et dangereux pour lui. Même si ça déplaît. Même si ça me coûte.
Je me présenterai sans masque. La vie et aussi la maladie – et la mienne, j'ai de la chance, est très visible, mais elle est sans gravité – m'ont appris le poids du regard des autres. C'est parfois cruel un regard. Mais je ne les crains plus.
Et je dis à tous ceux qui dans leur vie intime, dans leur chair, voient leur corps se transformer, ne se reconnaissent plus vraiment dans la glace, à tous ces jeunes enfants, à ces jeunes femmes et à ces jeunes hommes qui m'ont dit que le cancer ou l'alopécie ou le vitiligo bouleversaient leur vie à cause du regard des autres, je leur dis qu'ils ne sont pas leur maladie, qu'ils ne sont pas le regard qu'on leur jette, que ce qu'ils vivent les forge et renforce le métal dont ils sont faits. Je leur dis que je les comprends. Et que ressentir cela m'a sans doute rendu meilleur. Et en tout cas, assurément plus libre.
Je ne jouerai pas un personnage. Je ne promettrai pas ce que je ne crois pas. Je ne vais pas fabriquer du spontané.
Et lorsque les Français auront tranché, je ferai ce que j'aurai dit. Je ne changerai pas de direction à la première difficulté, et je ne changerai pas de priorités tous les six mois.
Un cap ça se fixe. Puis ensuite, ça se tient. Dans la tempête, comme par temps calme. On ne construit rien sans cohérence et sans constance. Je serai ce président de la constance.
Je renouerai avec le sens des priorités. L'Etat promet tout, s'occupe de tout. Quand on a 100 priorités, 1 000 politiques publiques, on n'a plus de priorités et on rate ses politiques publiques. Alors, on gère, on colmate, on achète la tranquillité avant les élections.
Pendant ce temps, les problèmes s'accumulent. Ils s'aggravent. Et on les repousse.
Je veux un État concentré sur ses missions : protéger ses enfants, éduquer, garantir l'ordre, tenir les comptes, sécuriser les retraites, garantir les soins, préparer les transformations, préparer la défense du pays, bâtir des infrastructures. Si seulement, déjà, on faisait ça bien, ça m'irait parfaitement !
Faire moins de choses. Mais les faire bien et jusqu'au bout.
Juste après 1968, Georges Pompidou, avant de devenir Président, avait écrit un livre formidable sur les nœuds gordiens de l'époque. Chaque époque a ses problèmes qui apparaissent tellement touffus qu'il faut non pas les démêler, mais les trancher pour en sortir.
Eh bien je vous propose une chose : pas de tout régler, mais m'attaquer aux nœuds gordiens qui paralysent la France et condamnent nos enfants.
Tout le monde les connaît ces nœuds, même ceux qui font mine de ne pas les voir. Je les nommerai, je les trancherai les uns après les autres. Ils ne sont pas si nombreux. Ils sont bien serrés c'est vrai. Mais nous allons les trancher !
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Mes amis, à 55 ans, je sais où j'habite. Je sais en quoi je crois.
Et je crois que nous pouvons remettre la France sur la bonne voie.
Je crois qu'une majorité de Français pense comme moi, et aspire à ce que l'Etat fasse son travail, à ce que les politiques préparent l'avenir, et pour le reste, à ce qu'on leur laisse vivre la vie qu'ils souhaitent.
Pour cela il faut remettre de l'ordre chez nous.
Je crois, mes amis, en l'ordre républicain, qui n'est pas la loi du plus fort ou la puissance du plus riche. L'ordre républicain qui permet à chacun d'être libre. Parce qu'on n'est jamais libre quand on a peur de sortir de chez soi ou seulement quand on a peur d'être soi-même.
Lorsque la République est en crise, et ça lui est arrivée, il appartient aux républicains de rétablir l'ordre. C'est ce qu'a fait Gambetta aux débuts de la IIIe République, c'est ce qu'a fait Clémenceau en 1906, c'est qu'a fait le Général de Gaulle en 1958.
Aujourd'hui, il nous revient à nous tous de remettre de l'ordre dans les affaires de la France.
De l'ordre dans la rue d'abord.
Et pour cela, il faut que Police et Justice fonctionnent mieux.
La justice, c'est la première mission régalienne de l'Etat. Et c'est le symbole aujourd'hui d'une confiance populaire qui se fissure. Entre dysfonctionnements à répétition, surcharge, lenteurs, manque de moyens financiers, retard numérique et méfiance à l'égard de la police.
La justice du 21ème siècle ne peut plus être rendue avec des réflexes, des méthodes et des traditions du siècle passé. Alors oui, la Justice a besoin de beaucoup plus de moyens financiers, humains et numériques. Et oui ce rattrapage a été engagé lorsque j'étais premier ministre, sous l'autorité du Président de la République, et accéléré depuis, grâce notamment à l'action des Gardes des Sceaux successifs et notamment de celle de Gérald Darmanin. Et nous devons poursuivre cet effort.
Mais ce n'est pas seulement une question de moyens, la Justice a également besoin de changement. Pas forcément nombreux, mais cruciaux pour remettre de l'ordre.
Renforcer la coordination avec police et gendarmerie d'abord. Trop de procédures sont abandonnées et trop de malfrats échappent à la sanction parce que le formalisme des procédures est trop lourd et que les systèmes d'information ne se parlent pas. Ils ne se parlent pas !
Recruter différemment des magistrats ensuite. Des magistrats plus âgés, qui ont eu des expériences professionnelles diverses. Parce que juger bien, c'est certes bien connaître le droit, mais c'est aussi bien connaître la société.
Faire en sorte qu'il soit possible de condamner très tôt, à des peines de prison très courtes, systématiques, sans attendre la énième récidive qui est toujours celle de trop.
Renforcer l'autorité du Garde des Sceaux sur le parquet aussi. Parce que comme partout, il faut un pilote et des leviers. Et un de ces leviers, c'est la possibilité d'adresser des instructions individuelles aux procureurs. Par écrit. Et disponible évidemment dans le dossier.
Vous savez, il y a 20 ans, on a décidé de couper le lien entre le parquet, qui poursuit les criminels au nom de la société, et le gouvernement, qui est responsable devant le Parlement, parce que, dans quelques affaires par an, peut-être une dizaine sur les 80 000 que traite la justice, on se méfiait à juste titre de possibles conflits d'intérêts. Je crois que c'était une erreur. Je donnerai au Conseil supérieur de la magistrature des moyens très étendus pour prévenir absolument les conflits d'intérêts. Mais dans tous les autres cas, qui sont l'immense majorité, l'autorité du gouvernement sur les parquets sera rétablie. Et j'assumerai, sur ce point, de modifier la loi Taubira.
Je veux aussi donner aux maires un pouvoir de sanction pénale. Pour réprimer les infractions qui pourrissent la vie de millions de Français et que la justice n'a pas le temps de sanctionner. Je veux une justice qui s'exerce vite avec des garanties, vite et bien pour les petites infractions. Une justice « du bout de la rue » si vous me passez l'expression.
Je sais que lorsque les citoyens d'une démocratie ont le sentiment que la justice ne passe pas, ou qu'elle est débordée, le lien social et la confiance républicaine se fragilisent, et le désordre s'installe durablement. C'est en les rassurant sur le fait que la justice passe toujours, bien, fermement, en entendant les parties, que nous retrouverons la décision. Il faudra remettre la France sur la bonne voie, et remettre de l'ordre à nos frontières.
C'est en les rassurant sur le fait que la Justice passe, toujours, que nous retrouverons la paix civile.
De l'ordre à nos frontières ensuite.
La France est évidemment souveraine lorsqu'il s'agit dire qui a le droit de séjourner sur son sol.
C'est l'honneur de notre pays et de son histoire d'autoriser le droit d'asile sur notre sol. Mais ce droit ne peut pas être dévoyé ; or, il l'est trop souvent.
Il reviendra au Parlement de voter tous les ans, une liste de pays sûrs qui permettra d'accélérer les procédures et de mettre un terme aux dérives. Car ces dérives sont en train de tuer littéralement notre capacité à traiter comme nous le devons celles et ceux qui viennent en France bénéficier d'un droit d'asile juste, ancien, et historique. Nous devons sauver ce droit d'asile en écartant fermement toutes celles et ceux qui l'utilisent à contre emploi.
S'agissant de l'immigration, indépendamment du droit d'asile, nous aurons besoin d'accueillir dans les années qui viennent des étudiants, des médecins, des aides-soignants, des ingénieurs étrangers sur notre sol. Ne prétendons pas le contraire. Mais faisons en sorte de maîtriser ce flux plutôt que de le subir, en accueillant ceux qui respectent la France, ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, qui viennent travailler dans des domaines dont nous avons besoins et en respectant les valeurs qui sont au cœur de notre promesse républicaine.
Et nous pouvons en la matière nous inspirer de ce qu'ont fait d'autres pays européens - de toutes couleurs politiques. Le Danemark gouverné par des sociaux-démocrates, la Suède gouvernée par le centre ou l'Allemagne gouvernée par la droite alliée à la gauche - prenons les mesures nécessaires pour garantir le contrôle de ces flux.
Ces pays n'ont pas modifié leur constitution, ils ne sont pas sortis de la Convention Européenne des Droits de l'Homme, ils ne sont pas sortis des traités européens. Et bien nous ferons comme eux, en veillant notamment à ce que les étrangers délinquants soient expulsés et n'aient plus droit aux aides sociales.
Et parce que je suis Républicain, et maire, je n'ai pas renoncé à l'intégration dans notre creuset national de ceux qui deviennent Français. Oui la France doit continuer à fabriquer des Français. Nous avons raté bien des choses au cours des dernières décennies en matière d'intégration. Mais là aussi c'est un combat républicain qui doit être livré. Et je ne lâcherai rien en matière d'ambition et d'exigence sur ce terrain.
Remettre la France sur la bonne voie, c'est aussi rétablir les comptes. Avec une dette qui explose et un déficit public qu'on n'arrive pas à maîtriser, on ne décidera bientôt plus de rien.
Les solutions existent, là encore. D'autres en Europe les ont mises en œuvre ; et ils s'en portent plutôt mieux que nous. Nous sommes tout à fait capables de le faire aussi, en baissant la dépense plutôt qu'en augmentant les impôts. Et en travaillant plus.
Alors je sais, on va vous dire que mon projet, c'est le sang et les larmes. C'est la grande formule. Dès qu'on parle du fond, on dit du sang et des larmes.
Churchill prononce cette phrase en 1940. Lorsque l'Angleterre doit se battre seule face à l'Allemagne nazie. Lorsque les bombes tombent sur Londres. Lorsque des milliers de jeunes anglais, 20 ans après leurs pères, héroïques, risquaient leur vie et laissaient parfois leur peau dans la bataille d'Angleterre.
Les amis soyons sérieux. Il ne s'agit évidemment pas de sang ou de larmes. Peut-être un peu de sueur, oui. D'effort. De sérieux. De détermination.
Et je veux être clair : je demanderai des efforts, mais des efforts justes, des efforts partagés, des efforts étalés dans le temps.
Je veux préserver les ouvriers, les salariés modestes, les indépendants.
Je ne taxerai pas davantage les entreprises qui payent déjà trop d'impôts.
Et je vous le redis : il faut baisser les dépenses sociales, supprimer les niches fiscales, avant de songer à augmenter les impôts de ceux qui travaillent.
J'assume de dire aux retraités qu'il faudra contribuer davantage au financement de notre système social. J'assume de dire aux cadres et aux employés du secteur public et privé qu'il faudra travailler plus longtemps. Aux catégories les plus aisées, qu'on n'a pas besoin de réinventer des impôts idiots pour leur demander, à elles aussi, de contribuer au redressement national. A l'Etat, à ses agences, aux collectivités, que les Français attendent d'eux qu'ils se serrent la ceinture, et donnent l'exemple.
On me dira que cela fait beaucoup et que ce n'est pas populaire. Peut-être. Mais comme j'ai promis de dire ce que je crois. De faire confiance au bon sens des Français, comme je suis convaincu qu'ils sont prêts au sursaut si notre projet a du sens, et s'il est clair que nous faisons tout cela pour nos enfants, et pas pour financer le puits sans fond des renoncements.
Mes amis, le général disait : « les Français veulent l'ordre et le progrès ». Il avait raison. Il avait raison. Remettre la France sur la bonne voie, ce n'est pas seulement restaurer l'ordre républicain, c'est préparer l'avenir.
Et préparer l'avenir, je vous le disais tout à l'heure, c'est d'abord refonder l'école. Là où tout commence. La première des batailles. C'est l'école qui doit renouer avec son ambition républicaine : instruire, élever, exiger, valoriser, faire progresser. Et pour y parvenir, il va falloir tout repenser.
D'abord, donnons de la liberté aux établissements ! Liberté d'adapter les méthodes, les heures et les équipes aux besoins des élèves. Liberté d'imposer ou non s'ils le veulent, le port d'un uniforme, de fixer les règles en matière de discipline en fonction des établissements. Liberté de choisir et d'évaluer les professeurs.
A charge pour les directeurs de devenir ces nouveaux patrons d'école et qui doivent avoir les moyens d'être ces patrons, de rendre des comptes dans des conseils d'école qu'il nous faut rénover, pour qu'on n'y parle pas seulement cantine et entretien des murs, mais aussi des résultats pédagogiques. Parce que la liberté va avec la responsabilité.
Ensuite, faisons du métier d'enseignant un métier de nouveau envié, honoré, et respecté. Faisons en sorte que les professeurs soient recrutés différemment ; mieux formés, mieux accompagnés lors de leur prise de poste, beaucoup plus soutenus dans leur combat contre toutes formes d'obscurantisme, et surtout bien mieux rémunérés. Soyons logiques, si la priorité c'est local, si c'est ce que nous croyons le plus important, alors il faut faire en sorte de la faire avec les meilleurs, et les meilleurs ça se paye.
Mettons le paquet sur les savoirs fondamentaux – lire, écrire, compter – pas parce qu'il faudrait revenir à l'école du passé, mais parce que ces savoirs fondamentaux sont des savoirs grâce auxquels on est capable d'apprendre autre chose. Aucun autre savoir n'est accessible si on est en deçà de ce qu'on fait en matière de savoir fondamental. Mais faisons aussi entrer l'école dans le 21ème siècle, en intégrant par exemple l'IA dans la pédagogie. Nos enfants passent des heures et des heures sur des écrans et tous les parents sont débordés par ce phénomène. Alors protégeons les plus jeunes, en fixant des limites. Partout au Havre, je vois dans les écoles maternelles des professeurs des écoles qui me disent que des enfants passent des heures devant des écrans. Qu'ils n'arrivent plus à se positionner dans l'espace. Ont des retards en matière de langage absolument considérable, parce qu'ils sont laissés des heures et des heures, chaque jour, devant les écrans. Si nous ne protégeons pas nos enfants, si lorsqu'ils sont très jeunes nous ne réglementons pas cet usage des écrans ; et lorsqu'ils sont âgés, nous ne leur apprenons pas à utiliser le potentiel formidable des nouvelles technologies, alors nous ratons tout ! Nous leur donnons le pire des deux mondes.
Cette transformation pédagogique doit être au cœur de la refondation de l'école. Et je souhaite que chaque élève de France ait accès à un soutien scolaire universel, combinant assistant IA personnalisé et brigades de professeurs, voire peut être d'anciens professeurs et d'étudiants volontaires de sortes à ce que personne ne soit laissé sur le bord du chemin.
Faisons de la transition démographique, qui va voir notre école perdre 1 million d'élèves dans les 5 années qui viennent ; faisons de cette transition démographique une chance, pour mieux payer les professeurs, revoir le fonctionnement du périscolaire et rénover nos établissements scolaires.
Enfin, adaptons l'école aux besoins des enfants, et non l'inverse, ça n'a l'air de rien mais c'est là aussi au cœur de la refondation de l'école. À commencer par les rythmes scolaires. Des journées moins longues, qui intègrent plus de sport, plus de culture, les devoirs à faire. Des vacances d'été raccourcies pour que le savoir ne se perde pas entre juin et septembre. Nous avons choisi les solutions les plus pratiques pour les parents, les plus pratiques pour les professeurs, les plus pratiques pour l'industrie touristique et les plus désavantageuses pour les enfants. Et il faudrait en être fier ? Et il ne faudrait rien changer ? Il faudrait se contenter de dire que c'est une question de moyens ?
On peut toujours se lamenter sur la baisse du niveau scolaire, la hausse des incivilités et des violences, sur le retour des obscurantismes, la montée du complotisme, et en rester là... Parce que c'est difficile, parce qu'il y a beaucoup d'acteurs, parce qu'il y a beaucoup de conservatismes et parce qu'il y a quelques tabous.
Je vous propose de concevoir et de mettre en œuvre une refonte massive de l'école, la plus importante peut-être depuis Jules Ferry. C'est la clé du redressement français.
Je serai, les amis, ce président du retour de l'école au cœur de la République. Et de l'élève au cœur de l'école.
Et je parle de l'école, mais il faut évidemment avoir cette même ambition pour le secondaire, pour l'enseignement professionnel, pour l'université, et pour l'apprentissage.
Préparer l'avenir, c'est aussi armer nos enfants face aux grandes transformations en cours. Face aux sujets qui sont là, face à ses transformations qui viennent percuter notre pays, comme tous les pays du monde. La transformation climatique, l'intelligence artificielle, le vieillissement démographique.
Je voudrais parler des deux premières aujourd'hui.
La transformation climatique d'abord. Inutile, je pense, dans cette salle, de vous faire un dessin. La canicule a assommé, pour un temps, les climato-sceptiques, en tout cas je l'espère. Elle aura au moins servi à ça. Moi je l'ai dit, et je l'assume, je ferai de l'écologie un sujet de campagne. Avec mes mots, mes thèmes, ma vision.
Mon écologie à moi, ce ne sera pas l'écologie des symboles, mais l'écologie à impact : l'énergie décarbonée avec le nucléaire et les énergies renouvelables ; la transformation de nos villes pour réduire les îlots de chaleur ; la rénovation des logements, des hôpitaux, des écoles. Le chantier est immense et je ne donne de leçons à personne en disant ça. Et quand la priorité est la, quand le phénomène ne va pas partir, quand nous avons un immense bâti qui n'a pas été pensé et conçu pour cela, qu'il faut adapter, il faut consacrer des moyens considérables et si nous voulons consacrer des moyens considérables à ce sujet essentiel, il faudra agir assez fortement sur la dépense ailleurs. Ce que je vous dis là, pour un pays, c'est ce que chacun de vous vit dans sa vie de tous les jours. Lorsqu'une priorité choisie ou subie intervient, il faut s'adapter. Audiard disait "quand ça change, ça change", il faut s'adapter, il avait tout dit. Et nous devons nous adapter à cette transformation climatique. Nous devons adapter nos villes, nos sociétés, notre agriculture, nos écoles, notre bâti, nos rythmes, nos usages à cette transformation.
Nous devrons mettre en oeuvre un grand plan fret ferroviaire pour faire disparaître des millions de camions de nos routes ; nous devons concevoir un bien meilleur accès à l'eau pour tous les usages; nous devons nous battre au niveau européen, pour exiger de nos partenaires commerciaux à l'extérieur de l'Europe, les mêmes exigences environnementales que celles qui pèsent sur nos producteurs ; nous devons investir dans la technologie pour réduire nos émissions.
Je vous dirais assez volontiers, mes amis, que les Français n'ont pas à rougir de ce qu'ils font pour leur environnement. Je ne crois pas qu'il faille laisser dire ceux qui prétendent le contraire. La culpabilisation permanente, ça commence à bien faire. On a compris qu'il y avait un problème. Et nous avançons ! Nous devons aller plus vite c'est vrai, nous devons aller plus loin, c'est vrai, alors, équipons-nous, préparons-nous, adaptons-nous, investissons. Préservons ce qui doit l'être. Faisons-le intelligemment, au plus près du terrain, décentralisons cette compétence, faisons confiance aux collectivités territoriales, faisons confiance aux entreprises, faisons confiance aux acteurs qui se sont d'ores et déjà engagés, et qui ont fait énormément. Je peux en témoigner, je suis maire d'une ville incroyablement industrielle. Et je peux dire que dans cette ville incroyablement industrielle l'adaptation à la transformation climatique a commencé. Les entreprises ont fait beaucoup. Est-ce qu'elles ont fait suffisamment ? Probablement pas. Est-ce que les ménages ont fait suffisamment ? Probablement pas. Est-ce qu'il faut les aider encore ? Bien sûr. Mais soyons fiers de ce qui a été fait et soyons confiants que nous devons seulement accélérer. Et pas nous battre sur des symboles qui sont montés en épingle mais qui n'ont pas d'impact réel sur la limitation des gaz à effet de serre ou sur l'adaptation de notre société à la transformation climatique. Et mes amis, on va y arriver !
Seconde transformation : l'IA. Ce n'est plus une question de spécialiste, c'est devenu une question politique. De pouvoir, de prospérité, de liberté ; c'est devenu une question sociale aussi. On est loin de faire la course en tête ; mais l'Europe s'est enfin réveillée – peut-être un peu brutalement –, et il est encore temps de réagir.
Encore temps de nous doter à 27, d'infrastructures souveraines et d'affirmer notre puissance. D'adapter en France, notre enseignement supérieur, notre formation, nos processus industriels et nos filets de sécurité, parce que chaque Français est irremplaçable.
Il faut que les partenaires sociaux se parlent pour que chacun, étudiant ou senior, puisse se former, se reconvertir et trouver sa place dans ce nouveau monde. C'est assez éclairant de parler avec les grands patrons de cette technologie, les grands aventuriers de cette conquête technologique moderne ou les grands patrons qui sont en train de transformer leurs façons de produire grâce à l'IA parce qu'ils voient tous les opportunités et tous les risques. Ils voient tous la capacité à produire mieux et plus vite, et tous l'impact potentiellement très déstabilisant pour les populations. Ces deux choses là sont vraies et on peut mettre la tête dans le sable telle la proverbiale de l'autruche, mais ce sujet est là, donc il faut le prendre au sérieux et le traiter sérieusement. Il est aussi temps aujourd'hui de mettre l'IA au service de l'Etat, de transformer notre État grâce à l'IA pour avoir des services publics plus efficaces ; pour avoir des décisions rendues en une demi-seconde au lieu de 6 mois ; pour avoir moins d'agents bloqués derrière un bureau, et plus sur le terrain au contact du public.
En France et en Europe, nous avons toutes les intelligences pour le faire. Nous avons les ingénieurs. Nous avons l'énergie. Nous avons la taille de marché. Il nous manque la capacité à mobiliser les financements c'est vrai, il nous manque une réglementation moins pesante c'est vrai mais nous avons tout ce qu'il faut pour réussir à nous saisir de cette formidable technologie qui pointe et qui est déjà là. On peut, je le crois, en faire un outil collectif pour notre bonheur et nous allons là encore y arriver, nous ne sommes pas condamnés à subir !
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Et pour remettre la France sur la bonne voie, il faut, enfin, et c'est presque le plus important, il faut faire confiance aux Français. Et il faudra leur donner cette liberté !
Cette liberté pour les entreprises : de simplifier leurs vies, de simplifier leurs relations aux impôts, à l'Urssaf, aux administrations, de les laisser produire. Il faudra reprendre la politique de l'offre interrompue en 2020, elle avait donné d'excellents résultats en terme d'investissements, de baisse du chômage, en terme de croissance économique.
Il faudra plus de liberté pour les collectivités territoriales, plus de liberté pour les partenaires sociaux, pour construire avec eux le monde du travail de demain, pour les laisser discuter au sein de l'entreprise des règles et des façons de produire et de déterminer la bonne façon de faire continuer à avancer leur entreprise.
Plus de liberté aux associations pour participer à la cohésion nationale et au soutien des plus fragiles.
Et plus de liberté aux Français, pour mener une vie heureuse, une vie généreuse et une vie débordante. Parce qu'ils sont tout ça à la fois les Français.
Mes amis, on dit souvent que les Français ne croient plus en grand-chose. Et bien moi je ne le crois pas. Je crois qu'ils sont un grand peuple, pas seulement intelligent, mais fier, généreux, et volontaire.
Mes amis, j'ai foi en la France.
En cette Nation vieille de plus de mille ans, mille fois en danger, mille fois sauvée.
Une Nation qui a tout vécu, tout souffert et tout vaincu. A commencer par elle-même. La France se perd quand elle s'abandonne. Moi, je ne veux pas qu'elle s'abandonne. Et je ne l'abandonnerai jamais.
Oui, je crois en la France !
Et oui, je crois en la République !
En notre République laïque, sociale, fraternelle, universaliste ! Celle qui ne connaît qu'une seule communauté, la communauté nationale. Et dans laquelle, la seule différence qui compte, c'est celle du mérite. Je crois en la force de ses principes fondateurs. Non, aucune croyance religieuse ne passe avant la loi de la République.
Et oui, il faut imposer des limites claires. La République ne baissera ni la tête, ni les yeux, ni la garde devant le fondamentalisme, l'entrisme, le séparatisme et l'obscurantisme. La République ne se discute pas. Elle ne se négocie pas. Elle est un bloc, un bloc dont rien ne peut être retranché. Et si j'ai une certitude, c'est qu'avec moi, la France de mes enfants sera laïque. Elle sera généreuse avec ceux qui partagent son idéal et qui lui apportent leurs talents. Elle sera implacable avec ceux qui la haïssent, ou la trahissent.
Et oui, comme vous, je crois en l'Europe politique que nous construisons avec nos partenaires. Je crois dans une Europe forte, une Europe forte qui refuse le déclin et la vassalisation silencieuse. Une Europe que nous devons approfondir pour rester libres ! En matière d'IA et de technologies, en matière d'énergie, de défense ou de marchés financiers, nous devons oser construire une souveraineté européenne intégrale, sans quoi nous serons toujours à la merci des plus nombreux ou des plus forts. Et je sais que l'Europe ne sera jamais puissante si la France reste faible.
Alors je crois au rebond de la France !
Je connais son histoire et je la regarde en face cette histoire car on ne comprend pas la France si on oublie Louis XI et sa reprise en main de l'Etat, si on est ignorant de Richelieu ou de Turgot, de Bayard ou de Turenne, de Jeanne d'Arc ou de Jeanne Hachette. On ne comprend pas la France si on occulte la Saint Barthélémy ou les dragonnades cévenoles ; si on écarte, parce qu'on ne veut pas la voir, la rafle du Vel d'hiv ou le massacre de Sétif ; si on ne s'émeut pas au Mont Saint Michel, à Sainte Cécile d'Albi ou devant la cathédrale de Chartres ; si on ne frémit pas au mur des fédérés ou au bagne de l'Île du Diable ; si on ne vibre pas à l'évocation du dimanche de Bouvines, du soleil d'Austerlitz ou du serment de Koufra !
Alors oui je crois en nous.
Je crois en l'avenir de la France.
Je crois en sa jeunesse.
Je crois en ses professeurs.
En toutes celles et ceux qui travaillent.
Je crois en ses médecins, en ses infirmières, en ses aides-soignants.
Je crois en ses chefs d'entreprise
Je crois en ses ingénieurs et en ses ouvriers
Je crois en ses agriculteurs et ses marins-pêcheurs.
Je crois en ses fonctionnaires et en ses policiers,
Je crois en son armée,
Je crois en ses maires et ses élus.
J'y vois partout en France des atouts exceptionnels de vitalité. Sur lesquels restaurer notre puissance. Ces talents sont faits pour servir. Ils sont là pour construire, et même pour reconstruire.
Je crois en cet orgueil français qui nous fouette le visage face à l'adversité. Je pense que le pays sait où il est, et que les Français ont envie de réagir.
Alors rien, absolument rien, ne me fera perdre foi dans mon pays.
Mes amis,
La France n'est pas condamnée.
Les Français ne sont pas résignés.
Nos enfants ne sont pas réduits à vivre moins bien que nous.
Notre pays n'est pas contraint à subir l'histoire écrite par les autres.
Le destin de la France est encore dans les mains des Français.
Il dépend de notre effort.
Il dépend de notre courage.
Il dépend de notre constance, de notre imagination.
Il dépend de nous.
Alors, oui, dans ce moment décisif, je vous appelle à croire en la France.
Je vous appelle à agir pour nos enfants.
Je vous appelle à croire en ce que nous pouvons faire ensemble.
Je vous appelle à croire en nous !
Vive la République, et vive la France !